Il y a quelque chose de magique à voir une animation en motion design prendre vie, quand tout fonctionne parfaitement et qu’on arrive à raconter une histoire de façon fluide.
Il y a forcément une vidéo qui vous a marqué par son ingéniosité, son humour ou son enchaînement de plans, je me trompe ?
Transformer une simple idée en une vidéo efficace prend du temps, des compétences et de l’expérience, mais la façon de faire est souvent la même.
Pour beaucoup de motion designers, l’idée devient quelque chose de tangible à partir d’une phase-clé : le storyboard.
Un storyboard motion design n’est pas très différent du storyboard pour le cinéma ou un clip vidéo.
Dans cet article, je vous explique ce qu’est un storyboard et pourquoi c’est important pour faire du motion design (avec des exemples !)
Du coup, le jour où vous serez prêt à créer une vidéo en motion design, vous aurez toutes les connaissances nécessaires pour faire votre storyboard.
Ou sinon, vous apprendrez comment votre prestataire travaille, pour mieux appréhender l’étape du storyboard pour votre vidéo d’entreprise !
Le storyboard en motion design, c’est quoi ?
Le storyboard est une référence visuelle utilisée par les professionnels de la vidéo. Il permet de montrer grossièrement ce que le public verra lors du résultat final.
Mais attention, le storyboard n’est pas la première étape de la création d’une vidéo. D’abord, il y a la phase de recherche (moodboard) et l’écriture du script (ou brief).
Les planches, ou écrans du storyboard, sont dessinées à partir du script pour savoir comment mettre les mots en images.
Comment les visuels vont-ils s’harmoniser avec le texte ?
L’art de faire un bon storyboard a véritablement commencé avec Walt Disney Studios.
Les motion designers doivent beaucoup à Disney : ce studio d’animation iconique a inventé des choses utilisées aujourd’hui par les professionnels du monde entier.

Parmi elles, on peut citer :
- les principes de mouvement qui guident le motion design et l’animation (12 principes d’animation)
- l’illusion de la vie dans le mouvement
- etc…
Les studios Walt Disney sont les pionniers des process que nous utilisons tous aujourd’hui.
Pour le storyboard, tout a commencé sur un court métrage Disney de 1933 intitulé Les Trois Petits Cochons, racontant la célèbre fable pour enfants.
Dans ce film, on dit qu’un animateur de Disney (Webb Smith), a inventé le storyboard en suggérant que l’équipe crée une séquence de dessins détaillés sur des feuilles de papier, puis les accroche sur le mur.
Le temps passant, à mesure que cette étape du processus est devenue plus complexe, le studio a commencé à embaucher et à former des artistes spécifiquement pour créer des storyboards.
Ce procédé a rapidement dépassé les frontières de l’animation : des longs métrages en prise de vue réelle comme Autant en emporte le vent ont ensuite été storyboardés pour comprendre et atteindre une vision. Le reste a suivi.
À quoi sert un storyboard ?
L’objectif d’un storyboard est de montrer la narration visuelle de votre vidéo. Un scénario aide à donner une vraie identité à ce que vous voulez raconter. Les simples descriptions de scène peuvent parfois suffire, mais le storyboard peut vraiment montrer le message et l’impact de l’image sur le script.
À travailler en équipe
Les storyboards sont également essentiels lorsqu’il y a plus d’un créatif impliqué. En voyant l’histoire devant eux sur des feuilles de papier, des équipes entières peuvent s’aligner sur la narration et passer en toute confiance à l’étape suivante du processus : l’étape de production de la vidéo.
À présenter la vidéo au client
En motion design, il est utilisé pour communiquer au client ce que la vidéo va contenir, pour obtenir une validation et passer à l’animation.
Faire un storyboard permet de limiter les aller-retours chronophages entre le prestataire et le client.
Pour les non-créatifs, les briefs écrits peuvent être difficiles à imaginer dans un univers visuel. Avec un storyboard, on aide notre client à comprendre à quoi va ressembler la vidéo qu’il achète.
Comment faire un storyboard en motion design ?
La meilleure façon de commencer est de visualiser chaque élément important de votre script (ou brief) et de les découper en « écrans ».
Ça peut paraître fastidieux, mais c’est ce qui rend un storyboard utile.
Voici quelques questions que vous pourriez vous poser :
- Quels sont les plans « clé » dans ton brief ?
- Quelles sont les informations que le spectateur ne doit surtout pas oublier ?
- Quel est le style artistique / style d’animation choisi pour la vidéo ?
- Y a-t-il des animations particulièrement complexes à réaliser ? (dans ce cas, il faudra prendre plusieurs écrans de storyboard pour les détailler)
Faut-il savoir dessiner pour faire un storyboard ?
C’est une idée reçue mais non ! Absolument pas.
Pour ma part, je n’ai jamais pris de cours de dessin et je n’ai jamais cherché à très bien dessiner quand je fais un storyboard.
Le plus important, c’est de communiquer aux autres la façon dont les écrans vont s’agencer. Il est d’ailleurs déconseillé de passer trop de temps à faire des dessins parfaits, car il ne faut pas oublier que l’étape de storyboarding n’est qu’une ébauche du résultat final.
Papier crayon ou logiciel ?
Certains ne jurent que par le papier / crayon, d’autres utilisent des templates de storyboard pour Photoshop. D’autres encore utilisent une tablette tactile et un stylet (le combo iPad / Procreate est souvent cité par exemple).
Ce n’est qu’une question de préférence. Aucune solution n’est meilleure qu’une autre.

Si vous n’êtes pas sûr, essayez plusieurs solutions et choisissez celle qui vous plait le plus !
Storyboards vs. Styleframes
Comme on vient de le voir, les storyboards montrent ce qui va se passer dans la vidéo pour que d’autres personnes puissent visualiser le résultat final.
Il existe une autre étape, en apparence similaire au storyboard, mais qui intervient juste après : la Styleframe.
Une styleframe, c’est un écran statique encore non-animé, mais qui contient tous les éléments graphiques finaux.
Les styleframes permettent d’avoir sous les yeux le résultat final en terme de graphisme. Ils servent à communiquer la direction artistique finale et ils constituent une partie distincte différente de la création de vidéo
Cependant, ils ont quand même un objectif similaire aux storyboards : aider à imaginer la vidéo avant sa création finale.
Les styleframes viennent très souvent après le storyboard.

Parfois, en motion design, l’étape de styleframe n’est pas nécessaire car la direction artistique est déjà comprise par tout le monde.
Par contre, un storyboard est absolument nécessaire pour comprendre les mouvements de la vidéo et comment le script et l’image fonctionnent ensemble. Ne zappez pas l’étape du storyboard, jamais !
Là où les storyboards représentent une séquence d’événements, les styleframes sont simplement utilisées pour indiquer la direction artistique. C’est un peu comme une planche plus évoluée que le storyboard.
Vous savez maintenant tout sur les storyboards, quand ils interviennent dans le process de création et comment les créatifs les utilisent.
Voyons maintenant quelques exemples clés qui vont vous aider aider à mieux comprendre cette phase cruciale :
Exemples de storyboards de motion design
Comprendre ce que sont les storyboards pour le motion design, c’est bien, mais les voir en pratique, c’est encore mieux.
Voici quelques exemples pour comprendre comment nous, motion designers, donnons vie à un concept à l’aide de storyboards :
Premier exemple de storyboard en motion design

Dans ce storyboard motion design, on voit que le motion designer l’utilise comme un modèle pour poser ses images-clé. Les cases montrent ce que le spectateur verra à l’écran, et le texte aide à contextualiser (voix off, musique, précisions…)

Ce storyboard suivant montre exactement le même scénario que le premier exemple, mais cette fois on y a ajouté des couleurs et d’autres détails qui donnent une meilleure idée du résultat final. Les storyboards sont parfois présentés de cette façon.
Par exemple, si un motion designer créait cette vidéo pour un client, ce dernier aurait une vision bien plus claire de ce à quoi ressemblera le produit final après avoir vu ces images.
Deuxième exemple
Voici un autre exemple de storyboard en motion design :

Ici, on a de nouveau un board « dessiné » avec des dessins approximatifs.
Des formes sont utilisées pour expliquer le sujet, et le motion designer indique le mouvement de ces formes avec des flèches rouges et noires dans les cadres trois, quatre et cinq.

Voici le même storyboard, mais avec de la couleur.
Avec des arrière-plans gris et des objets orange, on obtient un meilleur aperçu du résultat final.
Sur l’écran ressemblant à un système solaire, l’arrière-plan est noir. Ça permet de donner l’impression d’infini, comme le décrit la voix off dans le projet.
Conclusion
Prêt à storyboarder ?
Maintenant que vous comprenez ce qu’est le storyboard en motion design, son histoire et que vous avez vu quelques exemples clés de l’idée au résultat, vous n’avez plus qu’à vous y mettre !
Si vous êtes client d’un motion designer, cet article vous aura sûrement appris à savoir pourquoi votre prestataire tient tant à vous fournir un storyboard avant de passer à l’étape de production.
